Une manifestation s’est tenue samedi à Tbilissi sous le slogan « Non aux élections russes », alors que les principales forces de l’opposition en Géorgie annoncent leur intention de boycotter les élections locales prévues le 4 octobre.
Selon ANN, l’information a été relayée par le portail SOVA.
Des figures de l’opposition, des représentants d’organisations non gouvernementales et des citoyens ont défilé jusqu’au bâtiment du Parlement. Les manifestants réclamaient la libération des militants arrêtés lors des manifestations pro-européennes, ainsi que celle de plusieurs responsables politiques de l’opposition. Ils demandent également la tenue de nouvelles élections législatives.
Les participants dénoncent également la participation de l’opposition officielle, considérée par eux comme complice de la coalition au pouvoir « Rêve géorgien », aux prochaines élections municipales.
« Le message central de la manifestation d’aujourd’hui, c’est que ces soi-disant élections russes font partie d’une opération spéciale orchestrée par Moscou. Le scénario et les résultats sont déjà décidés », a déclaré Levan Tsutskiresé, leader du mouvement Place de la liberté, dans un entretien au média Interpressnews.
Fin juin, huit partis d’opposition ont publié une déclaration conjointe annonçant leur refus de participer aux élections locales. Selon eux, leur objectif est le « démantèlement complet du régime prorusse d’Ivanichvili », la défense de la souveraineté et de l’indépendance de la Géorgie, la mise en place d’une démocratie de type européen, ainsi qu’une intégration à l’Union européenne et à l’OTAN.
Ils estiment qu’une participation à ces élections ne ferait que donner une apparence de légitimité à ce qu’ils appellent le “régime russe illégal” du parti au pouvoir.
Pressions croissantes de l’Union européenne
Le 15 juillet, l’Union européenne a adressé une lettre aux autorités géorgiennes demandant le rétablissement de l’État de droit et la révision des lourdes peines prononcées à l’encontre des membres de l’opposition d’ici au 31 août. Faute de quoi, Bruxelles pourrait suspendre le régime d’exemption de visa dont bénéficient actuellement les citoyens géorgiens.
Dans le même temps, les ministres des Affaires étrangères de 17 pays européens, ainsi que la Première ministre estonienne Kaja Kallas, ont publié une déclaration conjointe condamnant les dérives antidémocratiques des autorités géorgiennes.
Les autorités de Tbilissi ont vivement critiqué ce qu’elles considèrent comme un ultimatum de l’Union européenne.