Le sénateur du Vermont, Bernie Sanders, est devenu le premier sénateur des États-Unis à affirmer qu’Israël commet un génocide dans la bande de Gaza, rapporte The Guardian, cité par ANN.
Sanders a jugé ce constat « inévitable », marquant ainsi une rupture historique dans le discours politique américain.
« Depuis deux ans, Israël ne se contente pas de se défendre contre le Hamas. Il mène une guerre totale contre l’ensemble du peuple palestinien », a-t-il déclaré.
Plus tôt cette semaine, une commission indépendante d’experts de l’ONU avait estimé que les actions d’Israël « répondent aux critères énoncés dans la Convention sur le génocide ». « Je suis d’accord », a réagi Sanders.
Le sénateur a invoqué les propos de responsables israéliens comme preuves de l’intention génocidaire, citant l’ancien ministre de la Défense Yoav Gallant, qui avait qualifié les Palestiniens « d’animaux humains », ainsi que le ministre des Finances Bezalel Smotrich, qui avait promis que « Gaza serait totalement détruite ».
Tout en reconnaissant le droit d’Israël à se défendre après l’attaque du 7 octobre — qui a fait environ 1 200 morts —, Sanders a dénoncé une riposte visant « l’ensemble des Palestiniens de Gaza ».
« En tant qu’Américains, nous devons cesser de participer à l’extermination du peuple palestinien. En nommant ce crime pour ce qu’il est, un génocide, nous devons mobiliser tous nos leviers d’influence pour exiger un cessez-le-feu immédiat, une aide humanitaire massive sous l’égide de l’ONU et les premiers pas vers la reconnaissance d’un État palestinien », a-t-il insisté.
Avec cette déclaration, Sanders rejoint un cercle encore restreint mais croissant de parlementaires américains ayant utilisé le terme de génocide, parmi lesquels Alexandria Ocasio-Cortez, Rashida Tlaib, la républicaine Marjorie Taylor Greene et Becca Balint, représentante du Vermont, qui avait elle aussi employé ce qualificatif plus tôt dans la journée.
Le même jour, le 17 septembre, la Commission européenne a proposé une série de mesures destinées à sanctionner Israël pour ses opérations militaires à Gaza et la grave crise humanitaire qui en résulte.
Parmi ces mesures figure la suspension de certaines dispositions commerciales de l’accord d’association entre l’Union européenne et Israël. Mais, pour l’heure, cette initiative ne bénéficie pas du soutien suffisant des États membres pour être entérinée.
Le ministre israélien des Affaires étrangères, Gideon Saar, a vivement critiqué les propositions de Bruxelles, les qualifiant de sanctions injustifiées.