La Commission européenne a fermement pointé du doigt la Hongrie mardi, déplorant l’absence de progrès significatif sur les questions ayant conduit à l’érosion de la démocratie et de l’État de droit dans le pays.
Comme le rapporte ANN, citant l’agence Associated Press, le commissaire européen à la justice, Michael McGrath, a souligné que Budapest n’avait « pratiquement rien accompli » pour remédier aux préoccupations exprimées de longue date par Bruxelles.
La critique intervient à l’occasion de la publication du rapport annuel de la Commission européenne sur l’état de droit dans les États membres. Dans la section consacrée à la Hongrie, le document exprime de vives inquiétudes concernant le financement opaque des partis politiques, les pratiques de surveillance secrète, le recul du pluralisme médiatique, l’usage abusif des pouvoirs d’exception par le gouvernement, ainsi que les pressions exercées sur les juges et les acteurs de la société civile.
Le seul élément jugé positif dans ce tableau sombre : des « progrès significatifs » ont été constatés dans l’augmentation des salaires des juges, procureurs et autres professionnels du secteur judiciaire. Toutefois, la Commission nuance cette avancée, précisant qu’elle a été réalisée sans un alignement adéquat sur « les standards européens en matière de rémunération dans la justice ».
« Nous sommes profondément déçus de ne pouvoir faire état d’aucune avancée supplémentaire concernant les recommandations formulées l’an dernier. Nous sommes prêts à prendre de nouvelles mesures contre la Hongrie si cela s’avère nécessaire », a déclaré Michael McGrath.
Le commissaire n’a pas précisé la nature exacte de ces mesures potentielles, mais il a rappelé que l’Union européenne avait déjà gelé près de 18 milliards d’euros de fonds destinés à la Hongrie en raison de ces manquements à l’État de droit.
Le rapport de la Commission souligne également une tendance inquiétante dans d’autres pays membres : un relâchement généralisé face aux exigences de Bruxelles en matière de lutte contre la corruption, de liberté des médias, d’indépendance judiciaire et de protection des normes démocratiques.