Sous la médiation du président américain Donald Trump, le président azerbaïdjanais Ilham Aliev et le Premier ministre arménien Nikol Pachinian ont signé à la Maison-Blanche un accord ouvrant la voie à la création d’un corridor de transit baptisé « Route Trump pour la paix et la prospérité internationales ».
Ce projet, rapporté par ANN sur la base de la retransmission officielle depuis Washington, prévoit un lien direct entre l’Azerbaïdjan et la République autonome du Nakhitchevan, traversant la région arménienne du Syunik sur environ 32 kilomètres, le long de la frontière avec l’Iran.
Jusqu’ici, Bakou exigeait un corridor échappant totalement au contrôle d’Erevan, une demande jugée inacceptable par l’Arménie. Le compromis trouvé prévoit que la gestion du transit soit confiée à une entreprise américaine privée. Ce point figure parmi les dispositions clés de la déclaration de paix signée par les trois dirigeants. Celle-ci ne remplace pas l’accord de paix bilatéral déjà négocié mais non encore paraphé entre les deux pays.
« Nous reconnaissons la nécessité de tracer un chemin vers un avenir radieux, affranchi des conflits passés, en tenant compte des conditions créées par nos nations pour parvenir à un règlement définitif et établir des relations de bon voisinage, fondées sur l’intangibilité de l’intégrité territoriale et le renoncement mutuel à toute tentative de revanche. Nous rejetons fermement et excluons toute velléité revancharde, aujourd’hui comme demain », stipule le texte, publié par la Maison-Blanche.
La déclaration ne précise toutefois pas le format exact de fonctionnement du nouveau corridor. Elle souligne cependant « l’importance d’ouvrir les communications entre les deux pays afin de renforcer la stabilité, l’intégrité territoriale et la juridiction dans notre région ». L’objectif est de développer les relations de bon voisinage entre l’Azerbaïdjan, le Nakhitchevan et l’Arménie, dans l’intérêt des échanges internationaux et régionaux.
Le document prévoit également que « la République d’Arménie coopérera avec les États-Unis d’Amérique et définira conjointement des tiers partenaires pour soutenir le programme-cadre Trump Route for International Peace and Prosperity (TRIPP) sur le territoire arménien ».
À l’issue de la signature, Donald Trump a affirmé ne pas avoir demandé que cette voie porte son nom, tout en qualifiant l’accord d’« immense honneur » pour lui. Selon Associated Press, l’appellation aurait été proposée par la partie arménienne.
Le président américain a par ailleurs estimé que cet accord réglait « une question clé » entre Erevan et Bakou, en permettant à l’Azerbaïdjan d’accéder au Nakhitchevan « dans le plein respect de la souveraineté de l’Arménie ».
Enfin, les deux États ont convenu d’adresser conjointement une demande à l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE) en vue de clore les travaux du Groupe de Minsk, historiquement chargé du règlement pacifique du conflit du Haut-Karabakh.